Gaz de couche pour les nul-le-s !

Le ministre du redressement productif utilise à tort, et seulement pour brouiller les pistes, le terme générique de “gaz de houille” pour parler du gaz que recherchent actuellement les entreprises pétrolières en France, alors qu’il s’agit de “gaz de couche”.

Qu’est-ce que le gaz de couche?

Le gaz de couche fait partie des hydrocarbures de roche-mère, dits «non conventionnels». Il est principalement constitué de méthane qui est piégé (adsorbé) dans les veines de charbon dans les bassins houillers, dans les veines de charbon souterraines non exploitées. Ce gaz est présent sous forme presque liquide à cause de la pression à laquelle il est soumis.

Comment l’extraire?

La manufacture du gaz après extraction du charbon, lors du processus de transformation en coke (processus traditionnel)

La récupération « passive » du grisou :  Le grisou (bien connu des anciens mineurs pour ses propriétés explosives) s’échappe naturellement des anciennes mines de charbon ; sa récupération par pompage est pratiquée depuis les années 1970 par Gazonor dans le Nord-Pas-de-Calais.

La récupération assistée de gaz de couche : Elle s’appuie sur les techniques pétrolières, via un forage et un tubage d’acier descendant d’abord verticalement, puis orienté au sein de la veine de charbon (de 100 à 1 500 mètres voire plus sous terre). L’opérateur fait diminuer la pression dans la veine de charbon qui libère alors de l’eau et du gaz qui seront séparés en surface. Le gaz est séché et envoyé à une station de compression et injecté dans un gazoduc, tandis que l’eau doit être évacuée, ce qui peut entraîner des désordres pour l’environnement.
Le gaz de houille est généralement produit à partir de puits verticaux. Dans les cas où la fracturation naturelle du charbon est insuffisante, la technique de fracturation hydraulique est utilisée : il s’agit de créer dans la veine des microséismes artificiels par des explosifs, suivis de l’injection d’un fluide de fracturation («fracking»). Pour mémoire, cette technique est interdite en France (loi du 13 juillet 2011), mais les compagnies cherchent activement d’autres moyens d’extraction qui permettraient de contourner cette loi.

Les arguments des pétroliers

  • Ils voudraient nous faire croire à un nouvel eldorado sous le sol français : Les entreprises évoquent un potentiel équivalent à 5 à 9 années de consommation nationale. Encore faut-il faire la distinction entre ce qu’il y a dans le sous sol et les réserves exploitables (exemple en Pologne où les résultats ont été divisés par 10 dès les premiers forages). Quand bien même, 9 années justifient-elles la destruction du sous-sol et de l’environnement ?
  • Ils voudraient nous faire croire que le prix du gaz baisserait : Or pour que l’extraction reste rentable, le prix du gaz doit rester suffisamment élevé (voir aux États Unis avec le gaz de schiste).
  • Ils prétendent que cela créerait des milliers d’emplois : Dans un contexte de chômage croissant, l’argument est sensible. Cependant l’extraction nécessite peu de main d’oeuvre humaine, avec des rôles souvent réservés à des techniciens hautement formés ; ne restent que quelques emplois locaux pour la mise en place des chantiers.

L’exploitation des gaz de couche nous maintient dans la dépendance à la consommation d’énergie et notamment aux ressources fossiles, et fait peser de lourds impacts sur l’environnement.

A l’heure de la transition énergétique, il est urgent de stopper le gaspillage généralisé des énergies et des ressources, pour les diriger vers les énergies renouvelables, non polluantes, et génératrices de centaines de milliers d’emplois pérennes, locaux et respectueux du vivant : isolation des bâtiments, agriculture moins intensive et consommatrice des produits dérivés du pétrole (engrais, pesticides herbicides), sobriété énergétique…

Et en Lorraine?

La Lorraine, ancienne région minière, est un terrain favorable pour la recherche d’hydrocarbures non conventionnels, avec 5 permis de recherche et 7 demandes en cours d’étude.

La société European Gaz Limited (EGL, société australienne) possède deux permis d’exploration pour la recherche de gaz (dénommés Bleue Lorraine, Bleue Lorraine Sud), un autre est en étude (Bleue Lorraine Nord). Des forages sont d’ores et déjà programmés dans les villages de Loupershouse (Hoste), Tritteling-Redlach, Pontpierre et Freybouse. Ces forages sont à visée d’exploration, afin de négocier ensuite une vente pour exploitation à d’autres sociétés.
La position du collectif

En tant que citoyennes et citoyens, il est impossible d’accepter les multiples menaces (sanitaire, écologique, économique, climatique, paysagère) que fait peser l’exploitation du gaz de couche.
Par ailleurs, l’absence de débat public et le refus de consulter les élu-e-s et les citoyen-ne-s sur l’avenir des territoires constituent un déni de démocratie patent.
Le collectif exige :

  • L’abrogation de tous les permis accordés en France
  • L’interdiction de toute technique nécessitant de fracturer la roche pour en extraire des hydrocarbures dits de roche-mère, et ayant pour conséquence de porter atteinte à son intégrité
  • Une information et consultation préalable des habitants, qui risquent de subir les nuisances dans leur environnement immédiat
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